Résumé : Paris perdu dresse un bilan sans concession des politiques d'urbanisme de la fin du XXe siècle, qui ont transformé à jamais la capitale : alors que les bouleversements du Baron Haussmann, pourtant décriés eux aussi en leur temps, s'inscrivaient dans un grand projet esthétique, ceux des quarante dernières années ont été réalisés sans aucune réflexion urbanistique préalable, par grignotage et densification du tissu urbain : tel est le constat des auteurs, membres de l'association de sauvegarde SOS Paris. Ils ne se veulent pas rétifs à toute modernité : Beaubourg ou l'Institut du monde arabe ont su, d'après eux, trouver leur place dans le paysage parisien. Mais ils dénoncent les choix esthétiquement contestables de l'idéologie fonctionnaliste des Trente Glorieuses, dont la préfecture de région, pour ne citer qu'elle, est une caricature. À l'appui de leur démonstration, une iconographie abondante permet de comparer l'évolution dans de nombreux quartiers, tels que la rue de la Glacière, en 1953 puis en 1961, ou la Place des Fêtes, en 1971 puis en 1980. Un livre salutaire pour qui se sent concerné par le destin architectural de la capitale. --Pascal de Rauglaudre